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La Brigade ouvrière suisse. La Dalia (3).

(9 de octubre, dia del guerrillero heroico) 

La vie dans la brigade.

-Claude :  « Mon arrivée au Nicaragua… A l’aéroport de Managua, une responsable est venue nous chercher. Nous arrivions avec une caisse à outil de 40 kilos et notre sac. Le véhicule que nous devions prendre était en panne. Nous avons donc profité d’un camion qui venait de charger une grue à Managua pour se rendre à Matagalpa. Je me souviens qu’en arrivant à Matagalpa, la flèche de la grue arracha les fils de téléphone… Ce qui selon nous aurait dû être une catastrophe sema l’hilarité chez les nicas. Ensuite, un véhicule nous attendais et nous transporta jusqu’à La Dalia. Nous avons dormi à même le sol, l’ambiance était tendue entre les brigadistes qui nous reçurent. Je garde ce souvenir : il pleuvait, les gens se faisaient la gueule, nous n’avions rien à manger, pas de lumière. Dans le village, il y avait un petit resto et un unique bar qui vendait du rhum Plata à des types habillés en vert, armés de fusils… et en plus le coassement constant des grenouilles… C’était désespérant : si c’est ça le Nica, je préfère me barrer ! Le lendemain matin, il y avait du soleil et tout a changé… »

Avec le développement de la solidarité et l’arrivée de dizaines de brigadistes suisses au Nicaragua, les autorités helvétiques tentèrent d’enrayer ce mouvement.  Dans la presse, l’extrême droite tapait fort sur les internationalistes, des informations ou plutôt de la propagande antisandiniste circulait. Lorsque Claude dû rentrer en Suisse après son premier séjour au Nicaragua, son patron lui demanda si effectivement, des missiles soviétiques étaient installés à Matagalpa ! Autant d’arguments présentant le Nicaragua comme un facteur d’agression dans la région rejoignant en tous point la rhétorique reaganienne. Une photo d’Yvan Leyvraz circula le montrant armé d’un .38. C’était concrètement un photomontage. Après la mort d’Yvan, le gouvernement suisse a tenté de bloquer la solidarité, en empêchant la sortie de matériel vers le Nicaragua ou d’interdire aux Suisses de sortir de la ville Matagalpa pour se rendre dans les zones où ils travaillaient.

Ivan Leyvraz, "cabello de oro" siempre en el corazon de los nicas. Foto sacada del folleto publicado en memoria a Benjamin Linder.

Ivan Leyvraz, "rizo de oro" siempre en el corazon de los nicas. Foto sacada del folleto publicado en memoria a Benjamin Linder. (Managua, 2011)

La brigade fut une expérience pour tous. Le changement de continent, les problèmes de santé, l’adaptation à la précarité de la vie en zone rurale soumise à la guerre fit émerger un nouveau type de fraternité.

« Nous étions tous idéalistes, on recherchait tous une forme de révolution qui dépendait de notre parcours : certains avaient travaillé en entreprises, d’autres vivaient en collectifs, il y avait différentes cultures politiques, différentes visions… Ceci ajouté à une réalité difficile, aux difficultés de santé, le manque de nourriture, les tensions dans les zones de combat… tout ceci faisait qu’il fallait construire une forme de camaraderie dans le groupe pour éviter les tensions ».

La BOS signait des contrats pour la réalisation de projets et était en lien constant avec le gouverneur local – le cadre politique du FSLN- ; ce cadre formel était nécessaire pour que les brigadistes aient le droit de résider dans le pays, pour s’acquitter des impôts. Le rythme de travail au sein de la brigade était de 20 jours de travail et 3 jours de repos. Aussi, il fut mis en place une sorte de caisse de solidarité pour aider ceux qui rentraient en Suisse à pouvoir avoir un petit pécule pour entamer les démarches administratives et trouver un travail, un logement…

Comme les autres brigades, ce type d’engagement internationaliste s’arrêta net le soir du 25 février 1990 quand le FSLN perdit les élections. La défaite électorale fut un véritable effondrement. Tout ce capital, les projets menés par la Révolution, tout a été détruit, récupéré, revendu pour le bénéfice de quelques-uns. Bien sûr, les UPE et l’Entreprise Alfonso Nuñez ont été dissoutes, restituées ou revendues… L’UPE Santa Martha a été distribuée sous forme de parcelles, La Estrella a été récupéré par le syndicat pour un projet de gestion collective, San Antonio a été donné aux ex-contras, les ateliers mis en place par la BOS passèrent aux mains des nicas… En quelques mois, des années d’efforts furent anéanties.

Los cafetales en las afueras de La Dalia (Foto L. Sanchis 2011)

Los cafetales en las afueras de La Dalia (Foto L. Sanchis 2011)

La Brigade ouvrière suisse. La Dalia (2)

La Brigade ouvrière suisse.

En mai 1984, la première Brigade ouvrière suisse (BOS) arrive au Nicaragua alors que la guerre bat son plein. Le pays est entièrement mobilisé pour défendre  la Révolution. Concrètement dans le secteur de La Dalia, au Nord de Matagalpa, des centaines de personnes se sont repliées et vivent dans des asentamientos, en raison des incursions permanentes de la Contra. La Dalia se situe entre les cordillères Dariense et Isabelia, un axe Nord-Sud,  véritable route empruntée par les commandos contrerévolutionnaires en provenance du Honduras. Cette zone de production de café devint  un secteur stratégique pour le gouvernement sandiniste qui redoubla d’efforts pour maintenir et accroître la production, source de devises.

Plaza central de La Dalia. La alcaldia municpal y la casa materna. (Foto L. Sanchis -2011)

Plaza central de La Dalia. La alcaldia municpal y la casa materna. (Foto L. Sanchis -2011)

Un accord fut conclu avec le Minvah (ministère du logement) pour un programme de construction de 40 maisons. Ce type de coopération est une particularité car la plupart des brigades internationalistes participaient aux récoltes ou bien à la construction d’infrastructures en se relayant pour des périodes de quelques mois. La BOS arriva à La Dalia en 1984 pour n’en repartir qu’à la fin de la Révolution ; certains membres de la BOS firent un séjour court tandis que d’autres demeurèrent tout au long du processus révolutionnaire… et après.

Rétrospectivement, Fabio estime que la BOS arriva dans la zone à un moment crucial. Dans le secteur de la Dalia, tout était à faire. La plupart de terres disponibles avaient été confisquées aux collaborateurs de Somoza ou bien acquises par les autorités en raison de l’endettement de leurs propriétaires. Dans un premier temps – en 1983-, il fut décidé d’établir un « pôle » à Yale pour développer les projets révolutionnaires : réforme agraire, santé, éducation, logement… Là-bas, les Suisses comme Yvan ou Felipe connurent les conditions de vie des paysans. Il était urgent d’améliorer les conditions de production, d’organiser les communautés, de construire les infrastructures nécessaires. Pour atteindre ces objectifs essentiels, il fallait défendre la Révolution. Certains comme Yvan se sont peu à peu politisés.

Les Suisses se sont intégrés à la population car ils travaillaient avec les Nicaraguayens. Leurs ateliers permirent la formation de dizaines de professionnels et de techniciens en maçonnerie, eau potable, mécanique… L’impact humain fut énorme. De nos jours, de nombreux professionnels qui travaillent dans la zone sont issus de ces ateliers. Les gens ont dû participer pour accéder au programme de construction, on échangeait des idées, des expériences. Fabio rappelle que le « pôle de Yale » servit de leçon, ce fut une expérience de grande valeur en zone de guerre.

Par la suite, d’autres projets furent réalisés selon ce principe intégrant la population : la Casa Campesina à la Dalia afin d’avoir un lieu de réunion et de logement temporaire pour les habitants des communautés alentours, les constructions de maisons à La Primavera, El Galope, El Carmen et les UPE de El Hular et San Antonio. A La Dalia, des ateliers furent établis afin de mener plus efficacement les projets. Il fallait pouvoir répondre aux besoins en termes de construction, de réparation mécanique, d’eau potable et de menuiserie. Dans ce sens, la BOS a accompagné le processus de décentralisation puisque La Dalia avec ses équipements devint autonome en 1988 avec la création d’une municipalité.

-Claude : « Nous considérions qu’aider les UPE était une urgence dans cette zone de production de café. Dans les UPE, les ouvriers agricoles travaillaient dans des conditions difficiles : manque d’eau, la nourriture était déficiente car certains contremaitre volaient une partie des provisions… l’amélioration des conditions de vie de ces personnes nous paraissait essentielle dans le cadre du projet révolutionnaire ».

La question se posa au sein de la brigade s’il était préférable de favoriser la construction au sein des UPE ou dans les coopératives, reproduisant ainsi le débat entre les tendances plus communistes ou plus anarchistes de la gauche. Certes, un avis pouvait être donné mais c’était en dernier lieu la Casa de gobierno de Matagalpa qui décidait des secteurs de travail en fonction des priorités du projet révolutionnaire et de la sécurité des zones. L’urgence était d’augmenter et de sécuriser la production de café, de construire des infrastructures, des maisons pour les ouvriers agricoles… la BOS était à disposition des autorités politiques locales qui décidaient des zones d’affectation.

L’autre contrainte était la sécurité dans cette zone de guerre. Le Ministère de l’intérieur (MINT) orientait aussi la localisation des brigadistes et des projets pour des raisons évidentes. Par exemple, El Castillo appartenait à La Dalia mais la zone était trop éloignée et soumise à la menace constante de la Contra. La brigade suspendit sa présence dans ce village. La priorité était de garantir la production et de ne pas faire courir de risques inutiles malgré le cantonnement d’un poste militaire chargé de faire face aux incursions à deux kilomètres de La Estrella.

La Casa campesina construida por los brigadistas en La Dalia convertida en Casa materna. (Foto L. Sanchis - 2011).

La Casa campesina construida por los brigadistas en La Dalia convertida en Casa materna. (Foto L. Sanchis - 2011).

La Brigade ouvrière suisse, La Dalia. (1)

La Suisse, depuis l’étranger est perçue comme un état tranquille, une zone de villégiature pour nantis mais ce « paradis », pour fonctionner selon ses règles conservatrices a besoin d’une cheville ouvrière… C’est là que commence ce récit entamé à La Dalia en août 2011 avec Claude l’ancien brigadiste, Fabio le politique de la zone, la pluie des montagnes de Matagalpa, un savoureux café et une bouteille, inespérée en ces latitudes, de « gato negro »…  Nous avons évoqué les souvenirs de Claude, membre de la Brigade Ouvrière Suisse dans les années 1980 qui est resté vivre dans les montagnes de Matagalpa.

Les luttes des jeunes en Suisse.

Durant les années 1980, en Suisse comme dans le reste de l’Europe, les jeunes subissent directement les effets de la crise économique. Face au chômage, le sentiment de rejet du capitalisme était fort dans la jeunesse. 

-Claude : « On essayait de  rechercher d’autres voies, d’autres alternatives. Certains mènent alors leur action dans les syndicats, les associations en essayant de politiser les débats, de déboucher sur un projet de restructuration de la société, d’être plus solidaire – avec les immigrés par exemple-, plus respectueux avec l’environnement – c’est le grande période des mobilisations anti-nucléaires…- on tente de déverrouiller cette société conservatrice. L’internationalisme et l’anti-impérialisme était au premier plan dans ce contexte de mobilisation. En quelque sorte, les frontières avaient sauté : on se retrouvait lors de concerts, dans les camps d’étude de la Jeunesse socialiste… »

C’est dans ce contexte d’effervescence politique que certains membres des organisations syndicales ou de partis partent au Nicaragua à partir de 1982-83. Il s’agissait alors de se rendre compte de la tournure des évènements dans la jeune révolution sandiniste, d’identifier les besoins et d’établir des contacts pour voir s’il était possible de développer des projets concrets.

-Claude : « Je vivais alors dans un collectif à Zurich, nous étions huit. Sur les huit, trois sont partis au Nicaragua. Personnellement, au début, je ne voulais pas y aller. En 1976, j’étais au Mexique et je me souviens du jour où le gouvernement mexicain a rompu ses relations diplomatiques avec Somoza. Je pensais qu’il y avait encore beaucoup de boulot ici, avant d’aller là-bas. On me proposa alors le cadre suivant : travailler avec des entreprises nicaraguayennes et de voir leurs besoins… »

Si le mouvement de solidarité avec le Nicaragua est mondial et particulièrement puissant en Europe et en Amérique, la Suisse a pour particularité de mettre en place une Brigade Ouvrière. Cette Brigade Ouvrière Suisse était constituée de professionnels : maçons, menuisiers, charpentiers, techniciens en eau potable… Par exemple Yvan Leyvraz qui fut assassiné par la Contra en 1986 était maçon. Les brigadistes venaient de toute la Suisse sans distinction entre francophone ou germanique. Le financement des projets venait principalement de l’œuvre suisse d’entraide ouvrière (OSEO). Sur le modèle d’autres comités, des collectes étaient organisées, on sollicitait le soutien d’entreprises ou l’appui d’ONG comme Caritas.

El bus de La Dalia a Waslala. (Foto L. Sanchis 2011)

El bus de La Dalia a Waslala. (Foto L. Sanchis 2011)

Yvan Leyvraz, poema in memoriam.

Juan cuenta…

 “La camioneta de Anibal iba adelante cuando se escucho la ráfaga. Anibal acelero. Los seguíamos a 50 metros y nos rafaguearon. Yvan resulto herido en el brazo izquierdo pero logro parar el vehículo. Casi todos ya habíamos saltado. Yvan trato de abrir la puerta pero estaba bloqueada. Trato de salir por la puerta derecha cuando un RPG-7 impacto a la camioneta.

Cerca de la camioneta, Joël seguía disparando cuando lo alcanzo una bala.

Los que andaban en el carro de Anibal volvieron, se tomaron una colina y desde allí, empezaron a disparar hacia la posición de los contras. Mario y William murieron también en el combate. Media hora después, ya no teníamos municiones. Fue cuando Berndt recibió una bala…”

 Cuando los compas llegaron, ya los contras se habían ido. La radio contra 15 de septiembre anuncio dos días mas tarde que se habían  llevado el reloj de Yvan.

 

yvan leyvraz con su ahijado Pierre Carlos, Matagalpa 1986.

Yvan Leyvraz con su ahijado Pierre Carlos, Matagalpa 1986.

In memoriam.

 

Ya no han de mecer los vientos

Tus largos cabellos de oro;

Vientos de selva y Caribe

De Alpes, nieves y fríos.

 

Ni podrá llegar aquel aliento

Que a los pueblos entregabas;

Y que ladrillo a ladrillo,

Tu, Nicaragua, agrandabas.

 

Colores rojo y negro fueron

Del arco iris de tu vida;

Dejando el esfuerzo y ejemplo

Camino, por el que otros sigan.

 

Porque sonó el grito de la bestia,

Rompiendo a tus pies la selva;

Quebrando tu vuelo libertario

Rubio cenzontle, solidario.

 

Apago su luz el quiebra platas,

Callo su canto el guardabarranco;

Lloraron los mangos y el madroño,

Y ennegrecieron sus plumas los loros.

 

Y en tu lejano cantón suizo,

Una noche, cada año, en primavera,

En tu nombre y tu recuerdo la nieve

Al caer, va formando sacuanjoches.

 

Poema escrito por José Ignacio Frion, miembro de la brigada de cosecha de café “Yvan Leyvraz”,

Lausanne, agosto de 1986.

 Publicado en “L’aventure internationaliste” p. 121-122, CETIM, Suiza.

Nuestra America, una pelicula de Kristina Konrad

Tuvimos la oprtunidad de ver la pelicula “Nuestra America“. Su autor, Kristina Konrad vuelve a Nicaragua o mas bien a un pais que ya desaparecido : la Nicaragua libre.

20 años despues, vuelve a encontrar a protagonistas de precedentes documentales que rodo en la Nicaragua sandinista. La puerta de entrada a esta Nicaragua desaparecida es una simple foto : dos muchachas del Batallon de Mujeres Veronica Lacayo. A partir de esta foto nos invita a este reencuentro. El dialogo no solo opera entre Kristina Konrad y las personas que encontrara en su busqueda… otro dialogo se desarolla a lo largo de la pelicula entre los protagonistas del actual documental confrontados con las imagenes de archivos de los años 1980… los ecos de la esperanza vuelven a despertar.

Entre los archivos aparecen varias imagenes de las brigadas suizas asi que una corta entrevista de Yvan Leyvraz, brigadista suizo que murio en una emboscada de la Contra en 1986.

Una linda pelicula. Mejor dejamos la palabra a Kristina Konrad…

 

„Supuestamente las revoluciones no tienen un buen porvenir. Pero allí se confunden dos cosas: el porvenir de las revoluciones en la historia y el “hacerse revolucionario” de los seres humanos. En ambos casos ni siquiera se está hablando de las mismas personas. La única oportunidad del ser humano es el “hacerse revolucionario”, sólo así se puede evitar la infamia o responder ante lo intolerable.” Gilles Deleuze, 1990

 nuestra_america

Kristina Konrad, cineasta suiza presenta su pelicula.

Los dos años que pasé en Nicaragua fueron el periodo en el que viví los momentos más intensos y más controvertidos de mi vida.

Julio Cortázar la llamaba: « Nicaragua tan violentamente dulce ».

Una Revolución en medio de una encrucijada, es decir, entre el deseo por un reinicio radical y la necesidad de reconciliarse y abrirse. Una Revolución que mueve cielo y tierra, encontrándose prisionera por todo lo que faltaba y en un estado de dependencia brutal del “mundo exterior”.

Una Revolución caracterizada por la re-construcción y destrucción; por una profunda religiosidad y un espíritu rebelde, así como por el deseo de llevar las riendas del destino.

Nunca me había reído tanto como con aquella gente atormentada y marcada por guerras y la miseria. Y sin embargo, su fatalismo me enervaba a mí como europea, de la misma manera que su capacidad de improvisación me dejaba asombrada.

La suave belleza del país engaña…, volcanes vomitando lava, tierras áridas, huracanes y tempestades arrastrando casas y personas, la tierra temblando y abriéndose…año tras año confrontados a alguna catástrofe.

Y como por arte de magia esa aridez se transforma, después de la primera lluvia, en un verdor exuberante y floreciente.

Fue una relación intensa y un contacto con un país y su gente que nunca más volví a experimentar de esa forma. Ahora, mirando hacia atrás, podría afirmar que fue también mi encuentro con el “hacerse revolucionario” de los seres humanos y su esperanza de llevar una vida digna. Una esperanza que aun en las circunstancias más difíciles provocaba un sin embargo lleno de humor.

Esa Nicaragua agitada, abriéndose camino, de cambios e historias sorprendentes atraía como un imán: miles de norteamericanos y europeos, acostumbrados a una buena vida material y casi completamente desacostumbrados a soñar, renunciaron al encanto del consumo, es más, a la ducha cotidiana y “a una copiosa cena ganada con el sudor de sus frentes.”

Ellos se expusieron a peligros de muerte y, especialmente, a una vida cotidiana bien difícil, vivieron y trabajaron en Nicaragua apoyando la Revolución pero también luchando por sus propios sueños.

La Revolución nicaragüense tampoco tenía un buen porvenir. Nicaragua tiene hoy un gobierno neoliberal. El pueblo le quitó el poder a la Revolución a través de elecciones democráticas. Cabe agregar que, en el transcurso de una guerra sucia, dirigida por los Contras y financiada por NUESTRA AMERICA, los Estados Unidos, 50.000 personas perdieron la vida antes de que el pueblo se decidiera democráticamente contra los sandinistas.

También se podría hablar de la corrupción progresiva de los sandinistas, algo que llevó a que muchos líderes intelectuales les dieran la espalda. En 2001, durante la campaña electoral entre los neoliberales y los sandinistas, el cura, poeta y ex ministro de Cultura sandinista Ernesto Cardenal lo formuló así: “Por un lado, tenemos al capitalismo auténtico y por el otro, una revolución falsa. Son dos males diferentes.”

No obstante, lo que sí se perdería con esto sería la comprensión del « hacerse revolucionario », de ese momento en donde lo imposible se hace posible, donde la historia pierde sus cabales y lo utópico parece (ser) algo concreto. Es ese el momento que más me ha interesado e inspirado para realizar este proyecto.

Sentí miedo de regresar a Nicaragua, miedo de ese “nuevo” Nicaragua. Y sí que viví otro país.

A primera vista, Nicaragua se ha convertido en un país « normal » del Tercer Mundo; una normalidad que significa ante todo, miseria incipiente, desempleo y corrupción. Es decir: Una vida bajo condiciones infrahumanas, y quizás lo peor: la falta de esperanza.

Aparte de todo eso, sentí un país traumatizado por la guerra, la corrupción y las catástrofes. Un país que parece como un enclave de Estados Unidos cerrando los ojos ante su propia historia.

Quizás la película sea también un intento de darle cabida a “ese momento” de la historia.

Enlace de la pelicula “Nuestra America” :

weltfilm gmbh
Hufelandstr. 42
D-10407 Berlin

www.weltfilm.com

A 30 años de las brigadas suizas (Swissinfo.ch)

A 30 años de la Revolución Sandinista aquel sueño de un mundo más justo y solidario, que atrajo a Nicaragua a más de 800 brigadistas suizos, parece haberse quebrado.

Pero a pesar de las dificultades políticas y económicas, este pequeño país centroamericano conserva las huellas de una utopía.

Era el 19 de julio de 1979 cuando los revolucionarios sandinistas entraban victoriosos a Managua tras derrocar a la dinastía Somoza que –con apoyo de Estados Unidos- había impuesto en el país una dictadura sangrienta.

Al grito de “Libertad y socialismo”, el Frente Sandinista de Liberación Nacional (FSLN) lanzó un ambicioso programa para sacar a Nicaragua de la miseria y la opresión que proponía campañas de alfabetización y vacunación, reforma agraria e institución de los derechos sociales.

Esos ideales de la revolución suscitaron un gran movimiento de solidaridad en Europa. En 1986, no menos de 21 comités en Suiza emprendían diversos proyectos humanitarios y más de 800 personas apoyaban directamente a la población nicaragüense.

Sin embargo, en pleno clima de la Guerra Fría, la victoria sandinista provocó una reacción inmediata de los Estados Unidos. Además de imponer un embargo al país, los presidentes Reagan y Bush financiaron y dirigieron la guerrilla de la Contra para impedir la presencia de otra Cuba cerca de casa.

“Nicaragua se convirtió en un verdadero símbolo de la lucha antiimperialista porque representaba toda la problemática de las relaciones Norte-Sur, del intervencionismo estadounidense en América Latina”, señala el historiador Thomas Kadelbach, autor de un libro sobre el voluntariado suizo en Nicaragua.

“La Revolución Sandinista era vista como una lucha de David contra Goliat, de lo justo contra lo injusto, la de un país extremadamente pobre atacado indirectamente por una superpotencia”.

Entre entusiasmo y miedo

Cautivados por la euforia de un país en plena transformación -mientras en Europa era el momento de rebajas de temporada y valores liberales-, varios centenares de suizos partieron a Nicaragua como brigadistas. “A pesar de tal reputación, su compromiso era puramente civil –precisa Thomas Kadelbach-, y duraba normalmente de cuatro a seis semanas: es decir, el periodo de unas vacaciones”.

“En su mayoría eran jóvenes pertenecientes a la clase media, sensibles a los valores post-materialistas y comprometidos en los ámbitos social, educativo y cultural”, prosigue. La solidaridad tomaba así diversas formas: de grupos no especializados en proyectos de corto plazo hasta brigadas profesionales (agricultores, personal médico y sanitario, obreros…) cuya presencia en el país era más larga e incisiva.

“Fue una experiencia dura porque vivíamos en condiciones precarias, confrontados con la pobreza y con todo lo que conlleva la guerra civil”, recuerda el sindicalista Philippe Sauvin refiriéndose a su permanencia de varios años en Nicaragua. “No obstante fue formidable, dimos y recibimos tantísimo de aquella gente”.

La psicóloga Ursula Scharer, brigadista por más de diez años, evoca un recuerdo similar: “Lo más impresionante era el entusiasmo de la gente y la voluntad de trabajar en un proyecto común. Toda esa libertad de golpe era algo verdaderamente increíble de concebir”.

Un sueño truncado

La euforia inicial suscitada por las reformas sandinistas tropezó pronto con la realidad de un país en plena guerra civil. En 1985, el Estado consagró casi la mitad de su presupuesto a defenderse de los ataques de los Contras y, en 1990, decidió convocar elecciones anticipadas para poner fin al conflicto. “La agresión de Washington fue tal que en junio de 1986 la Corte Internacional de Justicia de la Haya emitió una condena por ‘terrorismo de Estado’”, señala el periodista Sergio Ferrari, antiguo brigadista y hoy activo en la ONG e-changer.

El 25 de febrero de 1990, a pesar de los sondeos favorables al presidente Daniel Ortega, los nicaragüenses -agotados por la guerra-, optan por el neoliberalismo; eligen a Violeta de Chamorro y ponen fin a la experiencia revolucionaria sandinista. ¿La contribución de los brigadistas suizos fue, por tanto, en vano? El historiador Thomas Kadelbach no está convencido de ello. “Si bien la acción de los voluntarios ha sido ‘un fracaso’ en términos políticos –porque no lograron cambiar el curso de la historia y consolidar la revolución-, ha aportado un importante apoyo moral a la población”.

“El simple hecho de que miles de europeos decidieran vivir en condiciones análogas a las del pueblo nicaragüense, de compartir la experiencia de la guerra y la pobreza, ha ayudado seguramente a que la gente siga adelante, continúe luchando por los ideales en los que creía”, precisa. Una apreciación que comparte Ursula Scharer: “En los barrios populares ha quedado la conciencia del poder hacer, del poder ser los actores de su propio futuro”.

Una solidaridad sin límites

Contrariamente a las expectativas, aún existentes, la presencia de voluntarios extranjeros no impidió a los Contras hacer uso de las armas y matar, entre otros, a dos cooperantes suizos: Maurice Demierre e Ivan Leyvraz, en 1986. Estos actos hicieron que el Gobierno suizo delimitara la zona como muy peligrosa y que algunos parlamentarios de derecha pusieran en entredicho la ayuda humanitaria a Nicaragua.

“En este sentido, la información difundida por los brigadistas representaba una alternativa a la propaganda estadounidense”, precisa el historiador Kadelbach. “La prensa suiza vehiculaba una imagen despistada de lo que realmente estaba ocurriendo y definía al régimen sandinista como ‘una dictadura comunista’, cuando, en realidad, el sistema político estaba basado en un pluralismo partidario”.

“En 2006, Nicaragua vuelve a encontrar en Daniel Ortega el sueño de una sociedad más justa y solidaria, tras más de un decenio de gobierno neoliberal. Sin embargo, el ex líder sandinista que ha pactado con la extrema derecha y los sectores católicos más conservadores recuerda más a ‘un caudillo’ que a un revolucionario.

Si bien el restablecimiento de un sistema educativo y sanitario gratuito no sólo muestra la consolidación de acuerdos regionales con países de la Alianza Bolivariana (ALBA) y copia los ideales sandinistas, la prohibición del aborto y la limitación de una democracia popular no dejan de despertar algunas interrogaciones.

Pero más allá de las diferencias políticas, Daniel Ortega se confronta hoy a un reto más que ambicioso: sacar a Nicaragua de su condición de país más pobre de las Américas, después de Haití.

Un desafío que Suiza está dispuesta a tomar: “Nicaragua sigue siendo en la actualidad uno de los países donde la solidaridad helvética está muy presente y organizada”, concluye Sergio Ferrari, “y la veintena de voluntarios activos en diversos pueblos llevan adelante, cada día, aquellos viejos ideales de justicia y libertad”.

Stefania Summermatter, swissinfo.ch
(Traducción: Juan Espinoza)

El historiador Thomas Kadelbach siguió la huella de los brigadistas suizos en Nicaragua.

El sueño de la solidaridad pasó por Nicaragua

El sueño de un mundo más justo y solidario llevó a Nicaragua a unos 800 suizos que quisieron apoyar a la revolución sandinista. Un libro recoge su historia.
A juicio del historiador Thomas Kadelbach, el balance de esa cooperación es limitado en el plano material y político, pero ha servido para sensibilizar a los suizos sobre la problemática Norte-Sur.

Una vez llegados al poder en 1979 -tras derrocar al dictador Anastasio Somoza-, los revolucionarios sandinistas se vieron en una posición delicada al comenzar los años 80. Sin el mínimo deseo de tener en puerta una nueva Cuba, el presidente de Estados Unidos en aquella época, Ronald Reagan, quiso la desaparición del flamante régimen.

Entonces nació en varios países occidentales un movimiento de solidaridad con Nicaragua. En Suiza, 21 comités locales lanzaron en 1986 acciones para asegurar la superviviencia de la revolución: recaudación de dinero y material de primera necesidad, intervenciones ante las autoridades, etc.

Varias formas de voluntariado
Los voluntarios acudieron al lugar para actuar en tareas concretas de apoyo. “Después de todo, no cabe duda que fue la expresión de solidaridad más concreta con la revolución sandinista”, señala Thomas Kadelbach.

Aludiendo a la dimensión internacionalista de su empresa, esos voluntarios adoptaron el nombre de “brigadistas”. A pesar de esa denominación, su compromiso era puramente civil. “Los órganos de solidaridad responsables de las brigadas prohibían a los participantes intervenir en actividades militares y llevar armas”, precisa el historiador.

La primera brigada suiza -constituida por un comité de solidaridad en Ginebra-, llegó a Nicaragua en verano de 1982. Integrado por una cuarentena de personas, colaboró en el campo pacífico del país. Hasta 1990, unos 800 suizos habían ido a Nicaragua en brigadas.

Se crearon varios tipos de brigadas. Las “brigadas de corta duración, no especializada” eran de lejos la categoría más importante (más de tres cuartas partes de los efectivos). Estaban abiertas a todas las personas interesadas en participar en proyectos de uno a dos meses en Nicaragua, independientemente de sus calificaciones profesionales.

Pero también se formaron brigadas profesionales (agricultores, personal médico, etc.) cuyo tiempo de actividad era más prolongado.

Retrato robot
Thomas Kadelbach recurrió a formularios de inscripción en las brigadas y estableció contacto con un centenar de antiguos brigadistas. Eso le ha permitido trazar un verdadero retrato robot de los voluntarios.

“La edad media de los participantes en el momento de su compromiso ronda los 27 años”, declara el historiador. “En cuanto al perfil socioprofesional, se corresponde con el perfil general establecido para los activistas de nuevos movimientos sociales. Por tanto encontramos numerosos especialistas de los ámbitos social y cultural”.

Esos voluntarios pertenecen mayoritariamente a la clase media y son sensibles a ciertos valores post-materialistas como la ecología o la calidad de vida. “En fin, el carácter urbano del moviemiento es evidente”, puntualiza Thomas Kadelbach.

“En cuanto a las motivaciones y al significado de su compromiso, la mayoría de los militantes deja entrever una firme voluntad de que los acontecimientos en Nicaragua coincidan con la realidad suiza. Trabajando en Nicaragua, los brigadistas construyen también su sociedad”, declara el historiador.

Balance mitigado
Al final de su libro, Thomas Kadelbach trata de hacer un balance del compromiso de los brigadistas. En el plano material es bastante limitado. “En comparación con el respaldo oficial y privado en el marco de la ayuda al desarrollo, el aporte de la solidaridad para la realización de sus propios proyectos sólo tiene una importancia relativa”.

En el plano político no hay resultados. Los esfuerzos de sensibilización no impiden que, en 1986, una delegación parlamentaria suiza viaje a Nicaragua y la denuncie como un país comunista y totalitario.

Las autoridades sandinistas contaban asimismo con los voluntarios internacionales para evitar una invasión estadounidense. Aún aquí, el balance es mitigado. “Estados Unidos nunca pensó seriamente invadir el país. Prefirió desestabilizar el gobierno creando un conflicto de baja intensidad mediante milicias contrarrevolucionarias”, explica el historiador.

“La actuación de los brigadistas es un fracaso en la medida en que no pudieron realizar sus objetivos; es decir, consolidar la revolución sandinista y construir una nueva sociedad. En cambio el balance a largo plazo es positivo, porque han sensibilizaco a los suizos sobre la problemática Norte-Sur y las cuestiones del desarrollo”, concluye el autor.

sacado de swissinfo,

Olivier Pauchard en 2006.


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